École de musique 
et résidences étudiantes


Automne 2024
Québec, QC
Patrimoine, Institutionnel
En collaboration avec Rémi Bonin
Supervisé par Pascal Labelle

   
       
  Le pavillon Louis-Jacques-Casault abrite actuellement les étudiants en musique de l’Université Laval. Ce pavillon est toutefois peu propice à l’apprentissage de la musique pour diverses raisons, comme le manque de lumière naturelle dans le bâtiment et la division programmatique dans un volume trop vaste diminuant ainsi les rapports humains. Étant donné la forte présence dans l’esprit commun de la vie étudiante au sein de la vieille ville, il a semblé pertinent de rapprocher les étudiants du centre-ville et de les reconnecter, à nouveau, au coeur culturel de la ville. 

  Ainsi, nous proposons la conception d’un nouveau pavillon pour la faculté de musique de l’Université Laval ainsi qu’une résidence étudiante pour les étudiants des trois pavillons situés dans le Vieux-Québec, soit le bâtiment proposé, l’École d’architecture et la Fabrique. Dans un projet subséquent, la conception d’une salle de spectacle a également été imaginée pour bonifier l’ensemble. 

  Le bâtiment de l’ancienne maison de Lauberivière, abandonné depuis près de trois ans, se transforme. Déjà mis à nu, il est au départ une simple enveloppe de maçonnerie, dépourvue de quelconque isolation thermique, cloitrant une structure d’acier et quatre dalles de béton.

  Les plans du pavillon de musique s’inspirent de partitions de musique graphique. En associant la trame structurelle à une portée musicale classique, il a été possible d’imaginer une trame future comme une partition graphique contemporaine. Ainsi, des volumes indépendants et isolés de façon thermique et acoustique par de la fibre de cellulose en sandwich entre deux couches de béton de chanvre se posent à travers la trame existante de manière libre et exaltée pour maximiser les moments de rencontres et créer un environnement malléable pour les artistes. 

  Cette disposition de volumes permet une isolation sélective à travers l’espace, selon les besoins thermiques des espaces. Les salles de pratique et les salles de cours magistraux constituent des sous-ensembles davantage isolés, laissant les espaces de circulation comme espaces intermédiaires. Ainsi, les espaces de transition offrent un confort thermique moins élevé, mais cela est célébré par le contraste offert dans les espaces clos où l’on passe beaucoup plus de temps. 

  Ces principes d’isolation sélective permettent de minimiser les besoins en chauffage actif. Comme le mur extérieur existant est laissé intouché autant pour préserver son carac­tère d’origine que pour éviter les risques associés à l’isolation d’un mur de maçonnerie existant, l’isolation des salles de classe et les salles de pratique disposées à travers l’espace ainsi que l’utilisation d’un système de chauffage à infrarouge minimisent les dépenses énergétiques et monétaires associées au chauffage. Le système est géré en différentes zones, ce qui permet de chauffer seulement les zones utilisées à un moment donné. Des rideaux d’aluminium disposés dans les espaces viennent, selon les besoins thermiques, bloquer les rayons infrarouges émis par le soleil ou réfléchir davantage les rayons infrarouges émis par le corps et le chauffage radiant.

   Les résidences étudiantes viennent poursuivre les intentions architecturales par leur composition rythmique autant en façade qu’en plan. Il s’agit d’une nouvelle construction qui s’ajoute sur la parcelle dans l’espace libéré par la démolition d’anciens garages et entrepôts en piteux état permettant par le fait la création d’une cour intérieure plus protégée. L’enveloppe des dortoirs est une double enveloppe de verre dans laquelle est disposé l’ensemble des espaces de circulation. Au centre de cette enveloppe, se retrouvent les blocs de résidences, dont les parois sont isolées en fibre de cellulose. Le fini extérieur en contreplaqué de finition, en plus de la structure en bois massif supportant les coursives, apporte un côté chaleureux à celle-ci. Aussi, la toiture est accessible et végétalisée, ce qui permet de réduire les effets d’îlot de chaleur urbain, d’améliorer la biodiversité en situation urbaine, d’augmenter l’isolation du toit et d’offrir aux occupants des moments de sérénité entourés de la nature.

  Dans l’ensemble, la construction du bâtiment se fonde sur des principes bioclimatiques, c’est-à-dire qui utilisent au maximum les systèmes passifs et naturels : apports solaires en hiver, protection solaire en été, ventilation naturelle qui permet des flux d’air traversants, masse thermique, déphasage thermique, éclairage naturel, double enveloppe, etc.