Centre agroculinaire Kanienkehà:ka
Printemps 2025
Kahnawà:ke, QC
Kahnawà:ke, QC
Communautaire, urbanisme
Supervisé par Anabelle Tougas
Le projet proposé devrait servir à la fois de centre communautaire pour les habitants de Kahnawà:ke et de centre d’interprétation pour permettre aux nouvelles génération de se reconnecter à leurs racines. Le centre met l’accent sur l’alimentation traditionnelle par le biais de l’agriculture et de la cuisine. Il comprend une cuisine et une salle à manger communautaires
L’alimentation est souvent considérée comme un enjeu dans les communautés autochtones. Autrefois, régionale et culturelle, elle est aujourd’hui souvent réduite à une version plus occidentale. La réduction du territoire traditionnel par la création de la réserve de Kahnawà:ke et l’influence de la culture nord-américaine rend l’alimentation d’autrefois difficile.
L’objectif du projet est à la fois de valoriser la tradition par des pratiques agricoles et culinaires traditionnelles, mais aussi de tendre vers une nouvelle souveraineté alimentaire pour la communauté grâce à des méthodes agricoles plus contemporaines.
Historiquement, comme la plupart des membres de la Confédération Haudenosaunee, la communauté Kanien‘kehá:ka entretenait un lien étroit avec son territoire, essentiel pour l’agriculture, la chasse et la pêche. Ce territoire a été considérablement réduit par la colonisation européenne, les guerres et les traités, menant aux réserves contemporaines. Puisqu’il ne représente aujourd’hui qu’une fraction de ce qu’il était autrefois, il paraît fondamental de prendre en compte les voix Kanien‘kehá:ka dans la conception d’espaces sur leurs terres.
Or, ce projet a été conçu sans consulter la communauté, ce qui constitue une erreur importante. Si ce projet devait être entrepris à nouveau, ou prolongé au-delà du cadre académique, l’intégration des points de vue et des perspectives Kanienkehà:ka devrait être mise de l’avant. En effet, il serait particulièrement regrettable de concevoir un projet sur un territoire autochtone sans la participation de membres des Premières Nations à la conception.
Par ailleurs, Kahnawà:ke signifie « près des rapides » en Kanien‘kehá:ka, ce qui est aujourd’hui quelque peu ironique puisque leur lien avec le fleuve Saint-Laurent a été rompu dans les années 1960 par la création de la Voie maritime du Saint-Laurent. L’ensemble du littoral a été remodelé pour permettre le passage de navires océaniques, sans que la communauté n’ait son mot à dire. Cet événement a profondément marqué la communauté. L’emplacement proposé pour le projet se situe juste au sud de l’île Tekakwitha, une île artificielle créée lors de la construction de la voie maritime. Cette proposition constitue-t-elle une manière de revaloriser le littoral ou contribue-t-elle au contraire à en éloigner davantage la communauté ? Un autre site serait-il plus approprié pour le centre communautaire ?
Idéalement, des membres de la communauté seraient intégrés en tant qu’experts au sein de l’équipe de conception, favorisant une relation collaborative entre les concepteurs et la communauté. À des étapes clés du processus de conception, des consultations seraient réalisées afin de garantir que le projet demeure aligné avec les intérêts et les besoins de l’ensemble de la communauté.
Bref, l’autonomie des résidents de Kahnawà:ke devrait être respectée en veillant à ce que le projet soit conçu avec et par la communauté, plutôt que uniquement pour elle.
Projet suivant